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2006-12-03 21:32:25 : No excuses

Hum ca y est j'en suis sûre, plus d'émission radio des ondes kyraesquiennes, vous devez vous dire : l'épidémie de flemmingite aigue a encore fait une victime.

La liste des symptômes est aussi longues que la liste des excuses possibles : trop froid, trop chaud, trop humide, je viens de nettoyer mes chaussures je vais pas courir dans la boue, c'est la période de la chasse, suis fatiguée, me suis foulée le pouce en jouant au poker j'peux vraiment pas. Sans oublier les j'ai trop de boulot, j'ai pas le temps, il fait noir maintenant, y'a des psychopathes qui vont me sauter dessus si je sors, mon jogging est pas sec j'viens de le sortir de la machine, j'ai pas d'élastique pour m'attacher les cheveux, y'a du vent c'est l'enfer et... j'en aurais encore des dizaines à inventer. Si si, j'ai l'esprit très fertile en matière d'excuses moi messieurs dames.

Et bien non ! Me suis servie d'aucune et surtout pas de mon agenda surbooké de cette dernière semaine (concours fonctionpublique, match en bar, répét théâtre, entrainement impro, concours de tartiflette, hotesse pour concert, et la crise au taf après les evènements du we). Pour le coup, suis super fière ! (je sais m'en faut peu :$) J'avais pris rendez-vous avec moi-même et mes baskets et j'y suis allée, courir la nuit dans le froid et la pluie, courir dans la boue en pleine forêt et je trouve ca toujours aussi formidable. C'est grave docteur ? Par contre, j'avoue pas eu le temps de répondre à vos nombreux commentaires sur mon dernier post (vais y aller après) et de faire un vrai CR. Pardonnez-moi cette offense amis lecteurs.

Pas non plus de photo cette semaine :

Ma sortie de jeudi c'est faite de nuit, dans les ruelles et les quartiers résidentielles, que des rues et des maisons pour s'incruster sur la rétine de mon objectif. Pas super passionant lool et puis ca n'avait rien de comparable avec les paysages que j'avais ce soir là en tête. Moi j'étais à la montagne, sur les cimes enneigée, sur les flancs escarpés et pas sur les pavés ternes de la cité. La faute à un petit mail de l'assoc GEMLIRE (mag tu connais ptete, sont de chez toi ;)), le concours de nouvelles de cette année sera "Montagnes : sensations et vertiges". Ca fait rêver et voyager, même quand on est occupé à courir faut croire. On verra si cette année je relève de nouveau le défi, et si j'empoisonne de ma plume de nouveaux lecteurs. Faire subir une fois mes bavardages à des gens en étant éditée, c'est ptete suffisant, faudrait que j'arrête avec ces paris à la con ptete...

Dimanche, pas mieux pour la photo, j'ai loupé le scoop de l'année, alors dépitée j'en ai pas pris d'autres. Faut dire que les vedettes de cette séance m'ont pris au dépourvue, pas eu le temps de sortir l'appareil. Ils m'ont grillé la priorité à droite ! Une harde de 5/6 sangliers à moins de 3m de moi.. j'ai senti la terre tremblée, et mon cardio a bondi d'effroi. Le seul heureux de cette mésaventure a été le chien qui s'est lancé à leur poursuite.. heureusement que sur quelques mètres, la voix de sa maitresse est plus fort que l'appel de la forêt oufffffff. J'aurais pas à faire un remake pleurnichard de croc blanc.

Je rends l'antenne.
Bonne soirée :)

Les réactions

Par Delphine, le 2006-12-03 22:15:41
Super agréables à lire des blogs.
Dis donc c'est hyper chargé chez toi... Sans compter le dressage canin...Bon la prochaine fois, tu gardes ton calme et tu nous photographies les sangliers :o)))

Par Kyra, le 2006-12-03 22:45:57
Euh c'était une semaine speciale, d'hab j'ai au moins 3 soirées à moi et le we ;) Et les chiens, c'est au quotidien, 1min par ci, 1min par là, ca prends pas de temps du tout ;)

Pour les sangliers, ils étaient plus gros que moi (et suis pas un poids léger !) et ils étaient plus nombreux ! T'aurais eu peur aussi c'est sûr !!! :D

Par riri, le 2006-12-04 07:51:19
quelle vie kyra ...

bonne journée
bisous

Par mag, le 2006-12-04 14:08:11
J'ai peut etre entendu parler de cette association....mais toi tu manques pas de sensations avec des sangliers! le jour où je verrai débouler 5-6 chamois à 3m de moi...

Par mielou, le 2006-12-05 09:33:04
une histoire de chiens...
j'aimerai courir comme eux en tout cas

Par xwoman, le 2007-09-14 15:04:30
A diploma proves only that you know how to find an answer.

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Combien fait un plus trois ? (en toute lettre)


Bon allez si une photo pour la route : la flemmingite aigue a frappé mon compagnon à 4 pattes. Il pionce là comme un bienheureux à côté de moi. La faute à : la boule de poils noir à ses côtés. Ca l'épuise on dirait la paternité !


Je vous présente donc : BlackJack, fils de RamDam. Je l'ai en pension pour un ou deux mois. Non, non il n'est pas à moi ! Je suis juste là en attendant qu'il intègre sa vraie famille, pour lui apprendre les choses de la vie et comment être un chien sociable et bien élevé. Il est a priori destiné à devenir chien d'avalanche ou de décombres quand il sera grand. En attendant le vieux apprends à ses dépends que faire des petits avec une gente dame c'est sympa, assumer derrière beaucoup plus fatiguant looool. Une chance pour lui, le petit est encore trop jeune pour venir courir avec moi, ca reste notre moment privilégié à nous... mais va grandir la bestiole ;)


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2006-11-25 15:28:13 : La première fois - 0 photo - 8 réactions

La première fois qu'on l'imagine, on n'ose pas.
Un brin timide, j'y arriverais pas.
Manque de confiance en soi.
J'reste cachée sous les draps.

Pourtant s'chuis là.
Ca arrive malgré moi.
Cette première fois.
Qui a signé, qui a parié,
c'est moi ?
Dans quoi m'suis-je embarqué
dites moi, j'me souviens pas !

La première fois,
Entre peur, excitation et désir
On ne peut s'empêcher de rougir
Mais on n'a plus le choix
On est déjà sur la ligne.

De coups d'éclats en vrai panique.
On doute de soi,
D'un coup on se sent asthmatique,
Serais-je à la hauteur de CA.

Et puis, un pas ca y est, on y est,
Y'a plus qu'à se laisser porter
par cet amant intimidé
ou cette foule déchaînée.

Une première fois,
Ca laisse un goût indélébile.
Une immense joie,
l'Extase, on en jubile.

Une première fois,
Et pourquoi pas une deuxième, t'y penses ?
La première fois
C'est là que tout commence....



15 jours que je suis venue reposter ici, et je ne vous ai pas tout dit. Un petit secret à vous confier, cette première fois et bien j'y pense. J'osais pas, mais aujourd'hui je me lance. J'ai décidé de me fixer comme objectif une première course, de subir le baptême du feu à La Parisienne de l'année prochaine en Juin. Course pas trop longue, avec l'ambiance pour se sentir moins seule et une cause qui me rappelle chaque jour que j'ai une chance immense d'être une femme dans un pays libre, qui peut courir comme bon lui semble, sans frère pour me surveiller, sans petites soeurs à m'occuper comme je rencontre tant de jeunes filles à mon boulot. La chance aussi d'être en pleine santé et de pouvoir courir aussi. J'oublie pas et ca, ca sera mon défi à moi.

Kyra, la boule au ventre aujourd'hui, la jauge d'adrénaline à son maxi, le cardio qui s'emballe à l'arrêt. Dans quelques heures je ferais mon 1er match officiel d'improvisation théâtrale. Suis terrifiée et excitée. Pas le droit de n'être qu'à 200%, faut y aller. Une autre première fois quoi.


Bonne journée à tous =)


Note : Séance de ce matin : 30min 30'30' avec échauffement 5 premières minutes 2min marche 3min 15'45'.

2006-11-23 22:45:42 : La nuit c'est beau, presque poétique... sauf quand on voit rien ! - 5 photos - 8 réactions

Ce soir c'était petite sortie cool pour faire le point et que mon zentil coach qui s'est aimablement proposé pour m'aider puisse savoir à quelle sauce y va me manger. Pour cette fois donc, le compagnon à 4 pattes restera sur le canapé à regarder des bêtises à la télé pendant que j'irais courir. Pas le droit de tricher, s'il me tire et m'aide ca compterait pas. Ce soir donc j'affronte seule mon destin. Tatatinn

Bilan des courses et de la machinerie après une tite demi-heure de course à pied :

Le coeur est ok, il bat et s'arrête pas.
Les poumons avalent l'air sans broncher.
Les jambes dansent sur le bitume en rythme.
Les yeux... BUGGGGG

Affreux, horrible, j'ai découvert ce soir que j'étais quasie aveugle. Dans la pâle lumière des lampadaires avec la lune qui refuse de m'aider et présente qu'un vulgaire bout de quartier pour m'éclairer, j'y voyais rien du tout. Nunuche en plus, j'avais pas pensé à regarder avant de partir comment mettre la lumière sur mon chrono. Me v'la donc en train de plisser les yeux, de tendre le bras en tout sens pour savoir ce qu'il peut bien afficher. C'est pas gagné !

Heureusement j'ai été sauvée par un QI au dessus de la normale et des années de solfèges. Oui oui, messieurs dames, chose incroyable, je sais compter jusqu'à 45 sans me tromper. Mieux encore, je peux compter en rythme et avec une grande régularité. Croches, triolets, et rondes n'ont pas de secrets et le métronome parfaitement réglé de mon professeur de piano hante encore quelques coins de ma tête. Qui dit mieux ? Avec tout ca, en contrôlant en plus le chrono quand je trouve la Lumière avec un grand L, aucune excuse pour ne pas réussir à suivre les instructions à la lettre !

Résultat, une tite séance sympa version ballade au clair de lune, sans vraie lune, sans cri, hurlements ou pleurs. J'pouvais même encore respirer à la fin.

Conclusion :

Si cette séance était un film, elle se terminerait en happy end.
Si cette séance était une fable, la morale dirait : "Qui court la nuit n'a point besoin de l'oeil qui luit, juste du rythme dans la peau et de bons muscles fixés sur les os" ou "Peut importe la pluie, quand on est aveugle et trop occupé à compter, on ne la sent plus tomber !"

Kyra


PS : Désolée pour le ton peu conventionnel de ce post, et le craquage de l'auteur mais je sors d'une journée de formation sur la prévention du suicide et euh ca s'appelle décompresser :$

2006-11-21 12:22:50 : Le chrono continue de tourner - 0 photo - 16 réactions

Il a beaucoup plû hier, au point que je m'attendais ce matin à courir sous un temps d'apocalypse fait de trombes d'eau et de vents violents. Mais non, le soleil a fini par percer la couche de nuages gris et la clémence du ciel est revenue. Tout passe, les saisons comme les chagrins..

Un peu bizarre aujourd'hui, de ne pas voir une boule de poils sautiller en tout sens en voyant mes baskets et la laisse avant de dévaler les escaliers quatre à quatre. Bizarre de ne plus voir les deux faire la course sur les chemins en arrivant dans les bois. Et non, Ram maintenant, tu n'as plus que moi pour faire la course, et c'est mal barré vu que je fais pas du 10sec au 100m ! Bizarre de ne plus l'entendre aboyer gaiement pour que je cours plus vite et que je vienne jouer. L'automne a plus que jamais un goût de nostalgie, de vieux souvenirs en photos sépia sur un camaieux de feuilles mortes.

Mais le chrono de ma montre continue d'égrener les secondes et les minutes. Le temps ne s'est pas arrêté, la vie continue. D'ailleurs déjà 15min que je cours sans m'en être rendue compte !

Tu as ouvert la voie pour d'autres poilus, en défendant à mes côtés votre droit à vous chiens de beauté à être plus que de longs poils, une intelligence, une vivacité, une volonté au travail, un atavisme encore fort au troupeau. Tu as ouvert la voie à d'autres chiens sous mon toit en me donnant tant de plaisir, de complicité et il faudra certainement pas bien longtemps avant que je craque sur un autre chiot, une autre histoire.

Tu m'as enfin ouvert la voie du sport, moi la sédentaire endurcie en me trainant d'un terrain d'agility à un autre, et en me faisant y prendre irrémédiablement goût. Le même stress mêlé d'excitation du cône de départ partagé, la même joie à l'arrivée quelquesoit le résultat. Le plaisir de se dépasser malgré les épreuves, les blessures. Le plaisir de transmettre à mon tour mes connaissances et ces deux années à entrainer, voir progresser d'autres histoires d'amours et d'osmose le temps d'un parcours entre un chien et un maître. Et toutes ces rencontres incroyables, ce premier stage jamais oublié, avec ce grand monsieur de notre équipe de France championne du Monde, si patient avec nous à nos débuts pour nous conseiller. On en aura vécu des trucs ensemble !

Oh oui c'est toi qui m'a poussé à les chausser ces baskets et à ne plus les quitter. C'est un peu de ta faute, si je suis là en train de courir depuis 20min en slalommant entre les flaques, sur des feuilles détrempées ! Cette histoire là aussi va continuer tu sais ! Sur les terrains d'agility, sur les parcours de canicross et ptete aussi sur une vraie course. Nan, nan je suis pas prête de m'arrêter de courir maintenant que tu m'as ouvert le chemin, c'est malin ! J'avais une idée qui me trottait dans la tête avant tout ca, et bien ca trotte encore de plus belle ! J'attends encore l'avis du coach déphasé de Malaisie (que j'ai retrouvé par hasard ici ;)) pour savoir si ce n'est pas une vraie folie mais ce serait une belle façon de continuer l'histoire de cette sédentaire amené au sport par une boule de poils débordante de vitalité et d'enthousiasme, nan ?

Bip. Le chrono l'a dit, ca fait 30min que j'alterne marche et course. C'est fini pour aujourd'hui, mais demain accouchera d'une nouvelle journée, après demain d'une nouvelle séance, et après après demain de nouvelles aventures poilues faites de rires et de pitreries.

Merci pour tout.
Tu vas me manquer sale bestiole.

A ce compagnon extraordinaire que tu as été Newton.

2006-11-17 22:33:54 : Foulées sentimentales ou défoulage brutal - 0 photo - 17 réactions

19h30, dehors il fait nuit noire.

J'ai jamais été courir de nuit. D'abord parce qu'il ne me resterait alors que les trottoirs éclairés au sol beaucoup moins sympas pour mes genoux que les chemins de terre, et puis parce que je ne peux pas y courir avec mes chiens en liberté pour des questions de sécurité. Ultime raison, moins avouable celle là.. J'ai peur de courir en public, un peu honte ptete je ne sais pas, ca me bloque. Idiot hein... Mais je n'y arrive que dans le cocon solitaire de mes forêts..

Pourtant ce soir, j'm'en fous. Du noir, des gens, même d'Annie une amie du taf qui hurlerait si elle savait que ce soir je suis allée courir. Oh oui pour sûr, elle me ligoterait et me trainerait devant un médecin en me traitant d'inconsciente vu que je traine une vilaine toux depuis deux jours et que je crache déjà mes poumons. Allez courir comme ca, dehors, de nuit !

Mais j'm'en fiche. Je viens de raccrocher le téléphone, je tourne en rond, je ne trouve qu'une chose à faire, prendre mes baskets et puis sortir. Alors j'y suis allée courir sur les pavés. En fait depuis mercredi, je vis au rythme des bonnes et des mauvaises nouvelles et des aller-retours chez le veto. Le poilu va mal. Mercredi on suspecte une pyroplasmose heureusement prise à temps. Piqûre, antibio, dès le soir même il remange, rejoue avec l'autre. Et puis pam, jeudi soir, de nouveau, il ne bouge plus, ne remue plus la queue quand je lui parle, suis obligée de le porter dans les escaliers pour qu'il aille dehors. Rendez-vous ce matin, examens. Rien à l'auscultation, trop musclé encore même à 10 ans pour sentir quelquechose, symptômes étranges, on sait juste maintenant que ce n'était pas une pyroplasmose. Prise de sang, échographie, opération d'urgence pendant plus de 4h : sa vésicule biliaire s'est rompu, la bile s'est répandue dans l'abdomen. Il a fait un arrêt cardiaque sur la table mais le coeur est reparti.. a toujours eu un coeur de sportif ce chien, même maintenant qu'il est devenu vieux. Le veto vient de raccrocher après 20min d'explications, de statistiques d'universités américaines. On ne saura pas avant plusieurs jours s'il est tiré d'affaire, dépends depuis combien de temps c'était rompu et quels dégâts a fait la bile pas prévue pour être en contact avec les autres organes. Ca dépendra de comment il supporte cette opération, des non-complications... Peu de chance. Le véto n'en revient déjà pas qu'il ait été aussi bien en arrivant à la clinique avec un truc aussi grave, conscient, capable de marcher et de lever la tête quand je lui parlais.

J'ai raccroché, je me suis habillée, j'ai lacé mes chaussures et je suis partie avec RamDam, mon autre chien. L'un et l'autre reliés par la ceinture de canicross. Lui aussi avait besoin de cette ballade, pas habitué à rester tout seul à la maison pendant la journée. Depuis qu'il a 2mois1/2, le poilu a toujours été avec lui pour occuper l'attente de mon retour. Dès que je lui ai mis son harnais, ses yeux se sont mis à pétiller, il me faisait des pirouettes, revenait vers moi sans arrêt pour qu'on y aille enfin. CLICK, le mousqueton du sandow accroché au harnais, il m'a regardé et est parti droit devant. Je le sentais frémir, vibrer au bout de son harnais, bouillir, il avait envie de courir, de se dépenser, de faire ça avec moi comme on a déjà fait tant de choses ensemble. Oui j'ai retrouvé ce soir, cette passion du travail qu'ont toujours eu mes chiens dans ses yeux et son envie d'y aller. Ce n'était pas un parcours d'agility, un homme d'attaque, une piste de recherche ou une chorégraphie de dogdancing qu'il affectionne tant mais ce soir ca n'avait pas d'importance, pour lui le canicross c'était devenu aussi génial que le reste. Faire du canicross, c'était faire quelquechose avec moi et c'était là l'essentiel. Il n'attendait que mon ordre, piétinant sur place avec ce regard si enthousiaste et on est parti comme çà dans la nuit, tous les deux.

Son excitation, son envie étaient contagieuses. Je courrais et je sentais l'élastique se tendre encore et encore. Il en redemandait, et j'en redemandais, accélérant toujours un peu plus. Une descente, un carrefour, un poteau à contourner tous les deux dans le même sens, je temporisais, je ralentissais, je marchais avant de repartir de plus belle, . On a avalé comme çà aussi quelques montées, ralentissant en même temps pour économiser notre souffle (bah vi il doit me tracter encore plus en montée donc c'est dur aussi pour lui) avant de repartir sur notre rythme effréné (de tortue :)).

Les trottoirs, les rues, les carrefours ont défilé à la lumière blafarde des lampadaires. Les foulées s'enchaînaient de plus en plus vite. Les poumons me brulaient mais je m'en fichais, je ne sentais rien, plus rien à part la tension du sandow, l'envie de mon chien et cette drôle d'impression de voler. Ce soir, je me fichais de tout. Je n'ai jamais autant couru, je n'ai jamais couru aussi vite, et je n'ai jamais pris autant plaisir à courir !

On a fini par revenir chez nous. Sur les derniers mètres, j'ai lâché mon chien et on a joué ensemble comme deux gamins, en se poursuivant, en s'esquivant, en cachant un baton avant de le lancer un peu plus loin. On s'est même payé le luxe de grimper en courant sur un monticule de terre de chantier en catimini tous les deux avant de dégringoler de l'autre côté. Mais chut faut pas le dire, ca se fait pas ca ;)

Voila, je ne sais pas combien de bornes j'ai parcourues, combien de fois je me suis arrêtée pour marcher un peu avant de repartir. J'avais pas de chrono rien, je sais juste que l'horloge indiquait 20h35 quand je suis rentrée et que ca m'a fait un bien fou de courir ce soir, même si je tousse de plus belle et que demain j'aurais sans doute mal partout.

Je ne sais pas si Newton le poilu s'en tirera, je sais juste qu'au cours de ces 10 dernières années, où on a partagé un bout de chemin, y'a eu de sacré bon moment comme celui que je viens de vivre avec mon autre quatres pattes et que quoiqu'il arrive ca valait le coup. Il a toujours croquer la vie à pleine dent, il m'a toujours suivi à 300% derrière des moutons comme sur un ring de beauté ou dans la boue d'un terrain de pistage. Ayant encore envie à 9ans passé de découvrir, d'apprendre, et de travailler avec la même joie qu'un jeune chien, les oreilles bien droite, la queue frétillante et les deux yeux plantés dans les miens à la recherche de la moindre indication pour y répondre au quart de secondes. Oui à 9ans passé, pas de lassitude comme chez tant d'autres chiens de travail, il avait encore envie de bosser avec son petit air coquin et son grain de folie d'exhubérance, étonnant plus d'un des autres moniteurs. L'envie et le plaisir, il a tout compris lui ;)

Et si, je sais une autre chose ce soir, malgré toutes les incertitudes, c'est pour CA que j'ai envie de faire de la CAP moi, d'être capable de courir sans m'arrêter, pour ce que j'ai ressenti ce soir, pour cette liberté et pour ce plaisir partagé avec un compagnon canin dans les mêmes foulées.


Désolée pour cette digression loin de la CAP peut-être. J'ai conscience qu'il y a des choses bien pire, que ce n'est qu'un chien, mais bon dieu qu'est ce qu'on s'y attache même si on sait que l'histoire s'achève toujours avant l'éternité. J'avais besoin d'écrire autant que de courir faut croire :)

2006-11-14 15:25:45 : Dialogue silencieux - 5 photos - 5 réactions

On imagine la nature silencieuse, sans un bruit à part quelques oiseaux inspirés par ci par là, un cadre idyllique, même pas de petite musique, juste son souffle qui essaie de ne pas se faire semer par ses pas... Et puis PAM, coup de tonnerre, ca gronde, ca hurle, un train vient de me passer juste au dessus sur un pont de métal suspendu entre les arbres. Pas très discret ce train, il a failli me déconcentrer !!!

Mais non moi je continue, je cours, je marche en me raccrochant à la litanie des secondes.

- Et un et deux et trois.... et 12 et 14 et 15.... ah on marche une deux trois quatre.... et hop je recours... et un et deux et trois et quatre.

A l'infini, je reste accrochée à ses bouts de segments noirs qui forment inlassablement des chiffres sur mon chrono pour faire s'écouler le temps. Et oui, c'est ca qui est chiant quand on alterne marche/course, pas moyen de se laisser aller à penser, à rêver, on est toujours rattrapé par les chiffres qui s'égrainent.

- Et un et deux et trois et quatre.. et quatorze et quinze. Ca me rappelle le stage AFPS dites donc, on comptait de la même façon pour faire repartir les coeurs virtuels dans leurs envellopes de plastiques. Et voilà, moi faut que je compte pour réanimer mes muscles, mon petit coeur fatigué de tant d'inactivité, mes poumons qui ne sont plus habitués, mes...

Ah ben voilà c'est malin je divague et j'ai loupé la bonne seconde. 11min08 qui dit le chrono. Ca va pas du tout ca, ca fausse tous les calculs. Bon reconcentrons nous, on repart et on recompte

- et un et deux... Nan en fait ca m'énerve de compter ! 56 57 58 La minute approche tention réponds le chrono imperturbable ! Ben chuuuuuuuut le chrono tais-toi un peu, laisse moi divaguer, j'aime bien divaguer MOI ! Allez hop, j'appuie sur le bouton et comme çà je ne t'entendrais plus ! Raaaaaa le silence et juste mes pensées, ca fait du bien.

Et voilà, j'ai fini sans chrono en continuant à alterner course et marche comme ca me chante. C'était la rebellion du matin ! Enfin bon, va falloir que je bricole un truc pour me passer du chrono et ne plus être rivée dessus mais en continuant à suivre un peu ce que je fais. Je vais ptete me transformer en chien de pavlov. Un bip je cours, un bip je marche, avec un bon logiciel de son et la musique que j'aime dans mon MP3, ca devrait être possible de bricoler un truc. J'en suis sûre. Je vous tiens au courant ;)

Je vous laisse découvrir les photos du retour.. et non, y'a pas eu qu'un dialogue de sourds entre moi et mon chrono aujourd'hui. Ram'Dam' a aussi eu le temps de faire un brin de causette avec un charmant (et puant car trempé) poney.

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